jeudi 8 décembre 2022

Retour sur la rencontre avec Frank Thilliez







Hier, j'ai pu rencontrer Frank Thilliez à la médiathèque de Saint Laurent Blangy et après la séance de dédicaces, nous avons pu échanger avec lui sur les différents sujets en lien avec ses romans. Une rencontre très intéressante qui m'a donné encore plus envie de lire cet auteur. 

Qu'est ce qui vous a donné envie d'écrire ?

Il était avant Ingénieur et dans son enfance, il regardait en cachette énormément la télé et notamment de l'horreur car il avait envie de se faire peur. Vers 12 13 ans, il a regardé L'exorciste qui l'a énormément traumatisé. Il lisait des auteurs qui suscitaient des émotions chez lui et il a donc tout naturellement eu envie lui aussi de procurer ces émotions. Il a commencé à écrire alors qu'il n'avait que 28 29 ans et les personnages, les scènes et les histoires lui venaient ainsi. Il a envoyé son premier manuscrit qui n'avait pas encore d'étiquettes et c'est par les retours des éditeurs qu'il a été "rangé" dans la catégorie polar
L' acte d'écriture était donc un moyen de sortir ses cauchemars

Parlez-nous de l'écriture 

Écrire, c'est résoudre des soucis car le cerveau tourne en permanence. Écrire c'est passion qu'il vit depuis 20 ans avec les romans qu'il a écrits. Mais il ne faut pas oublier que c'est un challenge à chaque 
C'est aussi un métier. Il faut du temps, de la discipline dans l'écriture .Lui pour ses romans etles autres' auteurs de polars , il lui faut du travail mais il faut également du temps et des ressources. En effet, avec un roman policier, ce n'est pas de l'inspiration. Des recherches sont nécessaires et il n'y a pas de place au hasard pour la construction du livre

Que faites-vous au niveau de la documentation pour écrire vos livres? 

Il est nécessaire de rencontrer des personnes avant car il a besoin de savoir si c'est faisable. Par exemple, quand il a traité du sujet des organe, il a exploré la piste des dons mais aussi du trafic. C'est pourquoi, les recherches sont nécessaires avant. Pour son roman Angora, il a été voir le chef du CHU de Lille pour savoir si un don peut être vraiment anonyme. 
Il se documente également pendant l'écriture avec des micro documentations pour certaines scènes .
Pour son premier roman, il s'est débrouillé tout seul car il n'avait aucune connaissance de policiers, de medecins légistes etc.... Il s'est inspiré de ses lectures et de documents? C'est pour cela que Sharko est un commissaire qui fait tout tout seul. C'est cohérent mais ce n'est pas la véracité policière. Certains policiers sont venus en salon pour pointer les soucis. Ils auraient aimé faire cela mais quand on est policier judiciaire, c'est police et justice. Après, il a respecté les éléments. Dans ses romans, ses personnages ne font pas de paperasse alors que cela représente 50% du job. Lui c'est l'action et il faut donc trouve un équilibre nécessaire entre précision et le côté romanesque
Aujourd'hui c'est un réseau qu'il s'est créé et donc il peut parler avec eux des affaires terminées. Il a ensuite partagé les anecdotes d'un copain qui bosse au Samu. C'est tellement horrible mais ils ont besoin de rire. C'est humain.

Quelleelation entretient-il avec Sharko ? 

Il est envahissant (rires). C'est son premier personnage. Créer un personnage de flic n'est pas évident. On espère qu'il va être aimé. On ne lui parle plus du livre ou de l'auteur mais de Sharko. C'est extraordinaire qu'un personnage de papier puisse toucher les gens. Les attentes des lecteurs sont donc importantes. Il est heureux d'être avec lui mais écrire d'autres personnages aussi. Écrire sur Sharko et son équipe c'est imposer un cadre. Les one shot lui permettent une respiration. Il évolue en même temps que son personnage.

Parlons à présent des adaptations de vos livres.

Début 2023, vous pourrez voir la série Vortex sur France 2. L'auteur a ensuite parlé de son implication d'écrivain et dans le scénario. Pour Syndrome E, c'est l'adaptation d'un livre existant. Les producteurs lisent les livres, contactent éditeur et auteur. Ils achètent les droits. Frank Thilliez a commencé le scénario mais il n'a pas écrit les 6 épisodes. Il a donné des pistes.
Pour Vortex, il écrit des documents de 5 pages. C'est un flic, incarné par Tomer Sisley qui est capable de reproduire scènes de crime avec des procédés modernes. Il voit tout en virtuel. Il voit sa femme sur une plage or elle est morte depuis 20 ans et il peut communiquer avec elle dans cette pièce. Il y a donc des retours dans le passé et il pourra la prévenir. Est ce que ça change le destin ? On l'avait refusé il y a quelques années mais il y a deux ans, l'idée est revenue. Il a juste écrit 5 pages et le scénariste a fait tout le reste.

Où écrivez vous vos romans? 

Chez lui, dans son bureau. Il y passe 80% de sa vie. Il a gardé le rythme d'entreprise du lundi au vendredi. Il n'a pas de rituels et quand il a testé d'écrire en musique en fait il n'entendait rien. Pour Vertige, il avait mis des bruits de cascades pour le huit clos. Il suit une trame globale puis parfois il part à l'opposé de ses idées en revenant sur la trame d'origine. Les personnages prennent vie et vivent leur vie. Les héros de Syndrome E avaient des vies différentes, elle dans le nord lui à Paris. Puis il y a la rencontre gare du Nord.

Quelles sont vos idées pour les prochains livres ? 

C'est le néant après chaque livre. Quand il a terminé Labyrinthe, son cerveau était HS. Il laisse le temps passer puis il sait qu'il alterne avec un Sharko . Il se demande ce qu'il va en faire. Il aime les sujets où science, histoire et scandale se mêlent. Son prochain livre, qui sortira en mai, traite de la mort. C'est un bon sujet car c'est quelque chose qui parle aux gens et l'aspect de la mort est vue de manière différente selon le pays. Qu'est ce que la mort d'un point de vue scientifique ? Avant, on disait que le cœur ne marche plus donc il est mort mais le cerveau peut encore fonctionner. Les expériences de mort imminente sont très intéressantes à creuser et le rôle de la conscience. Il faut l'intègrer dans une enquête policière. Il a lu des choses sur l'éthique médicale.
Dans, Il était deux fois, nous avons un père qui perd sa fille mais le deuil ne peut se faire surtout quand on ne peut pas répondre aux questions et qu'il n'y a pas de corps. 

Que lisez-vous ? 

Il lit du polar, de la documentation sur les sujets qu'il traite, de la littérature blanche. Il lit des auteurs de polars français. Au début il lisait Coben ou k'auteur de la saga Millénium.

Il est le "patron" des auteurs de polar car il écrit depuis de 20 ans. Les carrières longues sont difficiles car on peut se planter un peu mais il faut une qualité régulière.

Il adore les huit clos qu'on peut trouver dans Vertige. Il faut trouver matière car on n'a pas la même arme scènaristique. 

Parlez-nous de vos BD?

Il a été contacét par un éditeur pour une collection pour enfants qui fassent peur. L'idée de la brigade des cauchemars, c'est qu'ils sont dans une clinique où ils entrent dans les cauchemars du patient. Il y a 6 tomes. Les jeunes lecteurs aiment retrouver les personnages. Ils finiront par rejoindre les romans adultes

Comment faites-vous pour distiller des détails dans l'écriture?

Il pense à quelque chose puis y revient plus tard. C'est le propre du suspense. On seme des cailloux  blancs et les lecteurs ne voient pas au début le but de ce détail. Puis ils font le lien. Il faut trouver des endroits où glisser ces détails. Il faut réussir à tromper le lecteur pour qu'il soit surpris. Il ne faut pas qu'il capte trop vite.






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