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mardi 11 novembre 2014

L'affaire SK1 ou l'affaire Guy Georges

Hier soir avait lieu l'avant première de SK1 , un film de Frédéric Tellier , en présence de Raphaël Personnaz dans le cadre du Arras Film Festival. Cet acronyme SK1 soit Serial Killer 1 fait référence à l'affaire Guy Georges qui a secoué la France des années 1980 à 2000.


Voici le synopsis du film : Paris, 1991. Franck Magne, un jeune inspecteur fait ses premiers pas à la Police Judiciaire, 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Sa première enquête porte sur l’assassinat d’une jeune fille. Son travail l’amène à étudier des dossiers similaires qu’il est le seul à connecter ensemble. Il est vite confronté à la réalité du travail d’enquêteur : le manque de moyens, les longs horaires, la bureaucratie… Pendant 8 ans, obsédé par cette enquête, il traquera ce tueur en série auquel personne ne croit. Au fil d’une décennie, les victimes se multiplient. Les pistes se brouillent. Les meurtres sauvages se rapprochent. Franck Magne traque le monstre qui se dessine pour le stopper. Le policier de la Brigade Criminelle devient l’architecte de l’enquête la plus complexe et la plus vaste qu’ait jamais connu la police judiciaire française. Il va croiser la route de Frédérique Pons, une avocate passionnée, décidée à comprendre le destin de l’homme qui se cache derrière cet assassin sans pitié. Une plongée au cœur de 10 ans d’enquête, au milieu de policiers opiniâtres, de juges déterminés, de policiers scientifiques consciencieux, d’avocats ardents qui, tous, resteront marqués par cette affaire devenue retentissante : « l’affaire Guy Georges, le tueur de l’est parisien".

Le film sort dans tous les cinémas le 7 janvier 2015 .Pour le moment aucune bande annonce est disponible.





Mon avis: Le film se focalise sur l'enquête et la mise en place des nouvelles techniques d'investigation dont nous disposons à l'heure actuelle. En effet, à cette époque, les recherches ADN en étaient encore à leur premier balbutiement. Des recherches ayant dû être refaites plusieurs fois afin de trouver enfin l'ADN de Guy Georges sur les scènes de crime. De plus, les services n'étaient pas coordonnés et c'est ainsi qu'en 1995 , Guy Georges passera par l'un des services du 36 quai des orfèvres mais les liens entre les différents meurtres n'ayant pas encore été faits il sera relâché et cédera de nouveau à ses pulsions meurtrières.



Ce que j'ai aimé dans ce film c'est qu'on suit l'évolution de l'enquête et l'acharnement de Frank Magne alias "Charlie" ( sobriquet qu'on lui donnera à son arrivée à la brigade Criminelle) au fil de ces années. Cette enquête deviendra son obsession sans pour autant l'empêcher d'avoir une vie de famille.



Le choix a été fait de ne pas montré les meurtres en eux mêmes mais juste la découverte des corps et de la technique utilisée pour tuer ces jolies jeunes femmes choisies au hasard au détour d'une route ou d'une rencontre . Ceux sont ces points commun ( viol, sodomie, soutien gorge découpé devant et culotte déchirée sur le côté puis gorge tranchée) qui permettront au fil des années de traquer cet assassin. On voit au fil de l'enquête que les modes opératoires restent les mêmes malgré le fait que certains meurtres aient été commis dans des parking alors que d'autres dans les chambres des victimes. C'est pour cela que différents groupes ont été constitués lors de l'enquête. Quand arrive Jensen ( incarné par Thierry Neuvic) , on pense à une guerre des polices mais comme nous l'expliquera la réalisateur lors de la session Q&A , il y avait plus d'une quarantaine de policiers travaillant au 36 quai des Orfèvres à ce moment là et donc la cohésion des groupes et le partage d'informations ne faisaient pas partie des méthodes d'investigation. C'est l'arrivée de la "Taulière" qui permettra de regrouper toutes ces unités de polices et de mettre en place ces rondes de nuit avec Elizabeth Ortega (incarnée par Christa Terret) victime qui avait réussi à échapper à Guy Georges et qui sera un témoin clé de l'affaire.




Ce que j'ai aussi apprécié dans ce film, c'est qu'on se focalise sur l'enquête mais aussi sur les liens qui unissent cette première équipe dirigée par  Carbonel (joué par Michel Vuillermoz) . On les voit évoluer en dehors du commissariat et partir faire une partie de pêche ou faire un barbecue sur les toîts. Même lorsque Bougon changera d'unité , les liens seront encore forts. On insiste ainsi sur l'humanité des personnages, notamment avec Charlie qu'on verra devenir père à deux reprises.




A noter aussi la magnifique performance de Adama Niane qui a eu la lourde responsabilité d'incarner Guy Georges. Au final on ne le voit que très peu à l'écran soit au tribunal soit lors des ses aveux finaux . Cette scène est vraiment surprenante car il raconte tous les meurtres avec une distance inouie , comme s'il racontait une histoire banale. Seule l'horreur qui se lit sur les traits de Charlie nous remet dans le contexte. Natalie Baye est aussi très touchante dans le rôle de l'avocate de Guy Georges, Frederique Pons. Cette dernière se fera manipulée par son client et voudra découvrir l'homme derrière le monstre.

Après la projection du film, nous avons eu une session de Q&A et Frédéric Tellier a pu nous parler plus en détails de ses travaux de recherches et de documentation. Il a travaillé en étroite collaboration avec les policiers de l'époque ( certains sont même devenus consultant lors de l'écriture du script et sur le tournage du film). Il a aussi entrepris avec le producteur , Julien Madon, de contacter les familles des victimes. Certaines ont refusé d'entendre parler du film et d'autres les ont remerciés de cet "hommage". Ils n'ont à aucun moment souhaité entrer en contact avec Guy Georges car cela leur paraissait amoral. Raphaël a reconnu avoir été profondément marqué par ce tournage de 2 mois mais surtout par les clichés des victimes qu'on ne voit qu'une fois dans cette vie. Il est évident que certains passages ou événements ont été omis car ils avaient fait un premier montage de 3h et ils ont dû aller à l'essentiel en faisant des choix cinématographiques pour n'avoir qu'un film de 2h.

Voici quelques photos:


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dimanche 9 novembre 2014

Guillaume Canet terrifiant et déroutant dans "La prochaine fois je viserai le coeur"

Hier soir, dans le cadre du Arras Film Festival, a eu lieu l'avant première du nouveau film de Cedric Anger avec Guillaume Canet et Ana Girardot. Le film s'inspire de faits réels et notamment de l'affaire Alain Lamare.

Voici le synopsis du film:

Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes.

Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

Voici la bande Annonce:



Mon avis: C'est un film oppressant et terrifiant car on assiste en direct aux pulsions d'un tueur incapable de les contrôler .


Guillaume Canet incarne donc Frank , un gendarme qui va donc enquêter sur ses propres meurtres. On voit dès le début du film que ce personnage est très instable psychologiquement. Il oscille entre ce gendarme qui n'aspire qu'à faire son métier et à s'engager pour son pays mais ses demandes de mutations font qu'il s'enlise dans un quotidien qu'il ne supporte plus. Guillaume incarne à la perfection ce tueur en série psychopathe. Son visage est méconnaissable et il entre dans la peau de cet homme qui enchainera les meurtres jusqu'à ce qu'il fasse une erreur. On le voit proche de la nature et sa relation avec son petit frère est la plus saine. Il aime communier avec la nature et on assiste vers la fin du film à une scène complément étrange et irréelle où avec ses collègues il entre dans la forêt et assiste au passage d'un troupeau de biche.  Son comportement montre qu'il n'a plus de limites et tel un pénitent il s'inflige des punitions corporelles , comme pour expier ses fautes ou se laver de ses péchés.



Ana Girardot incarne quant à elle Sophie , la jeune fille qui s'occupe du linge de Franck et qui aura "une relation" avec Frank. Elle a un passé qu'elle cache et cette jeune fille qu'il idéalise tentera de rendre un peu d'humanité à ce personnage odieux. Elle apparait comme une femme fragile et pourtant malgré ce qu'elle lui cache , Frank ne la punira jamais.



Après la projection de ce film, nous avons pu assister à une session Q&A avec Cédric Anger le réalisateur ainsi que Guillaume et Ana. Pendant une heure , ils se sont prêtés de bon coeur au jeu des questions réponses.

Voici Guillaume Canet parlant de son rôle :





Ainsi nous avons appris que pour se préparer au film, Guillaume avait perdu du poids et avait fait un travail sur les expressions de son visage. Frank arbore en effet rarement un sourire. Il a tenté de comprendre les motivations de se gendarme qui tel un pompier pyromane ne cessait de répondre à ses pulsions. En effet pour pouvoir interpréter ce personnage hors norme il était essentiel de se glisser dans la peau de celui sans le juger .

Le réalisateur a aussi indiqué que le choix de tourner dans la région était aussi lié aux conditions climatiques notamment qui permettaient de donner cette atmosphère lourde et glauque au film.

Le travail de préparation du script s'est fait grâce au livre du journaliste, A l'ombre des arbres, qui lui même s'est basé sur les PV lors de l'enquête sur ce tueur de l'Oise. Cedric Anger a aussi parlé de son choix de réalisation car les différentes agressions sont filmées toutes de manière différentes. En effet , on ne peut pas retranscrire de la même manière au cinéma ces meurtres pour ne pas lasser le public.

Voici quelques photos de cette avant première :

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